Un outil d’audit automatique sort en quelques minutes un rapport de deux cents alertes. La plupart sont sans conséquence, et les trois qui coûtent vraiment des ventes sont noyées dans la liste. Un audit utile fait l’inverse : il trie.
Voici les points qu’on contrôle en premier sur une boutique, dans l’ordre où ils pèsent sur le chiffre d’affaires.
1. Google voit-il les bonnes pages ?
Tout commence dans la Google Search Console, au rapport d’indexation des pages. On compare trois chiffres :
- le nombre de pages produits et catégories que vous voulez voir sur Google ;
- le nombre de pages réellement indexées ;
- le nombre de pages explorées mais non indexées.
Un écart important dans un sens ou dans l’autre est un signal. Trop peu de pages indexées : Google ne trouve pas ou ne juge pas utiles vos fiches. Beaucoup trop : il indexe des variantes, des pages de filtres ou des résultats de recherche interne, et votre budget d’exploration part dans le vide.
2. Les filtres et les tris de catégories
C’est le problème le plus fréquent sur WooCommerce et sur les gros catalogues Shopify. Chaque combinaison de filtres (taille, couleur, prix, tri) peut créer une nouvelle URL. Un catalogue de 300 produits peut ainsi générer des dizaines de milliers d’adresses quasi identiques.
Ce qu’on vérifie :
- les pages filtrées ont une balise canonique vers la catégorie principale, ou sont exclues de l’indexation ;
- les paramètres de tri (
?orderby=,?sort_by=) ne sont pas suivis par Google ; - les quelques combinaisons qui ont une vraie demande (« chaussures running femme », par exemple) ont leur propre page, avec un titre et un texte dédiés.
3. Les fiches produits
Ce sont elles qui vendent. Trois contrôles systématiques :
Le contenu. Une description copiée du fournisseur est présente sur des dizaines d’autres sites. Google n’a aucune raison de vous mettre devant. Même 80 mots écrits par vous, avec les questions que posent vos clients au téléphone, font la différence.
Les produits en rupture. Supprimer la fiche, c’est perdre son historique et ses liens. Tant que le produit peut revenir, on garde la page avec une mention claire et des alternatives. S’il est définitivement retiré, on redirige vers le produit le plus proche ou vers la catégorie.
Les variantes. Une couleur ne doit pas créer une page concurrente de la fiche principale, sauf si elle fait l’objet de recherches distinctes.
4. La vitesse, mesurée sur mobile
On regarde les Core Web Vitals dans la Search Console, donc les mesures réelles de vos visiteurs, pas seulement un score de laboratoire. Trois indicateurs :
- LCP : le temps d’affichage du plus grand élément, souvent l’image du produit ou de la bannière ;
- INP : la réactivité quand on touche un bouton, par exemple « Ajouter au panier » ;
- CLS : les sauts de mise en page pendant le chargement.
Les causes sont presque toujours les mêmes : images trop lourdes, carrousels en haut de page, polices mal chargées, et surtout trop de scripts tiers (chat, avis, pixels publicitaires, pop-ups). Sur Shopify, chaque application peut ajouter son propre script. Sur WooCommerce, ce sont souvent les extensions et un hébergement sous-dimensionné.
5. Les données structurées
Les balises Product et Offer (prix, disponibilité, devise) permettent à Google d’afficher ces informations directement dans les résultats. On vérifie qu’elles sont présentes, cohérentes avec ce qui est affiché sur la page, et sans erreur dans l’outil de test des résultats enrichis. Un prix balisé différent du prix affiché est pire que pas de balisage du tout.
6. Le maillage interne
Les pages qui reçoivent beaucoup de liens internes sont celles que Google considère comme importantes. Les vérifications :
- vos catégories principales sont accessibles en un clic depuis l’accueil ;
- les fiches produits renvoient vers leur catégorie et vers des produits liés ;
- vos articles de blog pointent vers les catégories qu’ils servent, avec des ancres descriptives.
7. Redirections et erreurs
Une liste rapide : chaînes de redirections (A vers B vers C), liens internes vers des pages en erreur 404, anciennes URL d’une précédente version du site qui ne redirigent plus. C’est particulièrement fréquent après une refonte faite sans plan de redirection.
8. Le suivi des conversions
Ce n’est pas du SEO au sens strict, mais sans ça, impossible de savoir si le reste fonctionne. On contrôle que Google Analytics 4 reçoit les événements e-commerce (vue produit, ajout au panier, début de commande, achat) et que les commandes payées à la livraison sont bien comptées. C’est souvent là que les chiffres sont faux.
Ce qu’on livre à la fin
Pas un PDF de 60 pages. Une liste courte, triée par impact sur les ventes et par effort, avec pour chaque point : ce qui ne va pas, pourquoi ça compte et comment le corriger sur votre plateforme. Les corrections les plus rentables tiennent souvent en quelques jours de travail.
Si vous voulez savoir où en est votre boutique, demandez un audit gratuit : on vous envoie les trois corrections prioritaires.