Une refonte réussie visuellement peut faire chuter le trafic de moitié en quelques semaines. La cause est presque toujours la même : les anciennes adresses ne mènent plus nulle part, et Google perd la trace de pages qui avaient mis des années à se positionner.
La bonne nouvelle, c’est que ce risque se gère. Voici la méthode qu’on suit pour chaque migration, que ce soit de WooCommerce vers Shopify, de Joomla vers WordPress ou d’un vieux site sur mesure vers une plateforme moderne.
Avant de toucher au design : l’inventaire
On commence par lister toutes les URL qui ont une valeur. Quatre sources, croisées dans un tableur :
- Un crawl complet du site actuel, pour avoir toutes les pages accessibles.
- La Search Console, pour les pages qui reçoivent des clics depuis Google, sur les douze derniers mois.
- Google Analytics, pour les pages qui génèrent du trafic et des ventes, toutes sources confondues.
- Les liens entrants, pour les pages que d’autres sites citent. Ce sont elles qui portent l’autorité du domaine.
On obtient en général quelques centaines de lignes pour une boutique moyenne. Chacune devra avoir une destination sur le nouveau site.
Le plan de redirections
Pour chaque ancienne URL, une nouvelle adresse, avec une redirection permanente (301). Les règles :
- Une page vers son équivalent, pas tout vers l’accueil. Rediriger cent fiches produits vers la page d’accueil revient, aux yeux de Google, à les supprimer.
- Pas de chaînes. Si une ancienne redirection existait déjà, on pointe directement vers la destination finale.
- Les pages sans équivalent vont vers la catégorie la plus proche.
Les changements de plateforme imposent souvent de nouvelles structures d’adresse. Shopify, par exemple, place les produits sous /products/ et les catégories sous /collections/. Venant de WooCommerce, toutes les URL changent : le plan de redirections n’est pas une option. Shopify permet d’importer les redirections en masse par fichier CSV. Sur WordPress, on les gère par une extension ou directement au niveau du serveur.
Conserver ce qui fonctionnait
Une refonte est l’occasion de réécrire, mais pas n’importe quoi. Sur les pages qui ramènent du trafic, on garde :
- les titres et méta-descriptions qui performent ;
- le contenu texte principal, quitte à le mettre en forme autrement ;
- les données structurées existantes ;
- le maillage interne vers les pages importantes.
On améliore ensuite, page par page, une fois le trafic stabilisé.
La préproduction
Le nouveau site se construit sur une adresse de test, protégée par mot de passe et exclue de l’indexation. C’est là qu’on teste les redirections une par une, avec un script qui vérifie que chaque ancienne URL renvoie bien un code 301 vers la bonne page.
Un oubli classique : la préproduction indexée par Google parce que la protection a été retirée trop tôt. On se retrouve avec deux versions du site en concurrence.
Le jour de la mise en ligne
Une liste qu’on suit dans l’ordre :
- Retirer la balise
noindexet vérifier le fichierrobots.txt. C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse. - Activer les redirections et en tester un échantillon en production.
- Soumettre le nouveau sitemap dans la Search Console.
- Vérifier que les outils de suivi (GA4, pixels publicitaires) remontent bien les commandes.
- Si le nom de domaine change, déclarer le changement d’adresse dans la Search Console.
Les semaines suivantes
Il est normal que les positions bougent pendant quelques semaines, le temps que Google explore les nouvelles adresses. Ce qui n’est pas normal, c’est une baisse qui dure. On suit chaque semaine :
- les erreurs 404 dans la Search Console et dans les journaux du serveur ;
- les pages qui perdent des clics, comparées à la même période avant migration ;
- les pages de l’ancien site encore présentes dans les résultats.
Chaque 404 sur une page qui avait du trafic reçoit sa redirection dans la journée.
Combien de temps prévoir ?
Pour une boutique de quelques centaines de produits, l’inventaire et le plan de redirections prennent de quelques jours à une semaine. C’est peu au regard du chantier, et c’est le travail qui protège tout le reste.
Vous préparez une refonte ? On peut auditer votre site actuel avant le démarrage, pour savoir précisément quelles pages protéger.